HET LEVEN OP DE SAINT-BERNARD DU DAKAR 2004

Met dank aan Eric Lejeune
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Le parcours du DAKAR 2005 reste "classique" dans son genre. Il partira de Barcelone, la capitale catalane. Les Catalans ont le sang chaud et ils adorent les sports mécaniques. On attend plus d'un million de personnes pour le départ le 1er janvier!Après la traversée de l'Espagne, les choses sérieuses commenceront au Maroc puisque cette 27eme édition sera placée sous le signe du franchissement pour le plus grand bonheur des spécialistes du hors piste.

Le parcours de ce Dakar 2004 n'a pas été de tout repos; il a été émaillé de beaucoup de péripéties, arrêt de courses, journées de repos prolongées...Un peu haché, mais l'aventure dans l'aventure existe, la preuve: le récit de mon ami Eric Lejeune co-pilote du camion 'le ST-BERNARD DU DAKAR', piloté par Yves Vandenbergh


Objet : le dernier episode du dakar 2004

Ouf !!!! Retour à la civilisation !

Vous n'avez plus eu de nos nouvelles et c'est normal car, en trois jours, nous avons vécu l'enfer africain.

Repartons du début : Steve est arrivé très tard à Tan-Tan, 21 h 30, de sa liaison. Il était mort et s‘endormait sur son quad sur des petites routes très étroites d'où surgit n'importe quoi, n’importe où, n'importe comment, sans le moindre éclairage ; quand ce n'est pas tout simplement la route qui est coupée par les dernières pluies et où un trou de 2 mètres de haut sur 25,50 mètres de long entrave la progression.

Je vous jure c'est très dangereux de circuler de nuit.

Arrivé à 21 h 30 donc, il devait faire une grosse mécanique, car le lendemain s'annonçait long et dur pour tout le monde et Steve devait prendre le départ à 2h14 du matin àTan-Tan pour une liaison de 350 km suivi d'une spéciale de 750 km en vue de rejoindre Attar. A 1 h 15, le quad de Steve est prêt et nous avons fini de manger. Il me dit qu'il va devoir dormir plus qu’une heure. Je lui réponds qu’il peut dormir maximum une heure de plus, car la liaison est longue et il pourra rattraper le retard.

Malheureusement, il s’agissait, pour la première fois dans ce Dakar, d’une liaison de terre, donc lente. Il a dû se dépêcher et a crevé deux roues.

Catastrophe ! Il arrive 1 h 20 minutes trop tard au départ de la spéciale et est mis hors course.

Au même moment sur la première partie de liaison de route, on explose un pneu, on part dans tous les sens sur la route et on frôle le ravin qui nous aurait probablement mis sur le toit plus de 250 mètres. Pour s'arrêter, je vous jure que ça vous secoue un homme et un petit pipi n'est pas de trop pour retrouver nos esprits.

Jantes abîmées, train arrière au sol, etc..

1h 30 plus tard, on repart, informés par téléphone que les carottes sont cuites pour Steve. Du coup, l'ambiance dans le camion est bien triste. Il ne nous reste plus que notre Japonais ( no stress ) en course mais à la dernière place. De plus, les médecins ne voulaient pas le laisser partir parce que « mort –nase » de fatigue.

Apres discussion avec TSO, ils le laissent malgré tout partir.

Après nos 200 premiers km de liaison, on attaque enfin la piste du Dakar. Au début, on se réjouit mais après 10 km parcourus à se faire secouer comme vous ne pouvez même pas l'imaginer, Yves me demande combien de km de piste on a aujourd’hui. Je réponds : « 350, je pense ». On regarde l'heure et à la vitesse de limaçon à laquelle on progresse, on se rend compte que l'on risque de finir de nuit. En fait, on va mettre 3 jours pour faire ce que la course avait prévu en 1 jour. Je suis très curieux de savoir combien d'assistances sont arrivées à temps. On est tombé dans un piège à cons.

Arrivés au mur militaire entre Maroc et Mauritanie, on trouve notre Japonais dépouillé de son gps balise et antenne, les camions balais sont partis et sa moto va être prise par les « policario » et va disparaître. Il devait être embarqué par les douaniers pour être rapatrié sur le Maroc, il parle 3 mots d'anglais : « ok, not ok » et « thank you ». On ne peut pas le laisser partir et son mécanicien s’y oppose également. On décide de le mettre à ma place dans le camion pour quelques heures pour qu'il se repose.

Je m'improvise alors pilote moto pour le départ de la spéciale fixé 5 km plus loin. Arrivés au départ de la spéciale, on aperçoit une queue de camion qui dure depuis 3 heures. En effet, la police locale, appelons ça la maffia locale, a décidé de percevoir une taxe de 50 euros sur chaque véhicule d'assistance. Vu le nombre de militaires armés jusqu’aux dents, personne ne rouspète et paye. Nous voilà au départ de la spéciale où on retrouve Steve en pleurs... c'est fini et ce pour la deuxième fois en deux ans. Une fois passé ça, à peine il me dit : « c’est fini le Dakar en quad. C'est pas pour moi. » Mais maintenant que tous nos concurrents sont hors course et que nous ne serons pas a temps demain matin, nous sommes également hors voyage et là, la galère commence. Il est 17h, lorsque l'on démarre la spéciale à la place de 1 h. On pense qu’il ne reste que 100 km de piste puis que l'on va retrouver la route N1 à Birg Morgheim. Le quad de Steve a des problèmes de batterie et il faut chaque fois le redémarrer avec les pinces du camion sur ma moto. Je n'ai qu’un road book, pas de gps ni de balise.

Le quad de Steve n’a pas de road book et le Japonais est dans le camion pour lire le road book à Yves jusqu’à la tombée de la nuit. Tout va bien, seul avec le road book, j'arrive à guider notre mini-caravane. Nous sommes seuls, il n'y a plus personne derrière et, dans la nuit, je n'arrive plus à suivre le chemin. Finalement on arrive à Birg Morgheim, très grande ville sans le moindre éclairage, on est à 500 mètres de la ville et on ne la voit pas. Il nous faut trouver de l'essence. Après de longs palabres, on finit par avoir 30 litres pour 50 euros + 20 euros supplémentaires pour nos gendarmes qui décidément ressemblent de plus en plus a des gangsters. Ils nous remettent sur le bon chemin de Zoueratte et là, gros stress, la route N1, c'est une piste aussi atroce que celle de la spéciale, ce qui veut dire qu'il est 21 h 30 et qu'il reste 550 km de piste atroce ! Malgré tout, nous voilà partis, moi toujours sur la moto mais après moins de une heure, Steve a la tête qui tourne, il est mort crevé. Du coup le mécano du Japonais va prendre la moto, moi le quad et Steve va dormir dans le camion. Personne pour lire le road book mais on pense être sur la N1 et l’erreur semble impossible car la carte ne renseigne qu’une seule ' route'. Me voilà donc maintenant pilote de quad. Je pense que peu de personnes pourront dire un même jour avoir été pilote de camion, pilote moto et pilote quad sur le Dakar et, aussi surprenant que cela puisse paraître, c'est le quad que je préfère. Malgré tout, cette journée va m’ouvrir les yeux sur une chose et cela va faire plaisir à mes proches, entre autre ma femme, mes enfants et mes parents : je ne ferai jamais le Dakar en compétition ! C'est un truc de fous, la nuit dans le désert à chercher son chemin, ça fout des angoisses pas possible ! Autant de jours, je m'oriente sans le moindre problème et trouve les repères du road book, autant la nuit c'est la folie, l’éclairage est insuffisant pour voir les repères du road book. Conclusion, on passe son temps à rouler au cap et à perdre et retrouver la piste toutes les 2 minutes.

Finalement Yves dans le camion n'arrive plus à suivre le road book.

On se rend compte que l’on prend des risques inutiles puisque nous n'arriverons pas à Attar. Le Japonais a déjà pris quelques râteaux. On va donc dormir à la belle étoile, perdus dans le désert. Heureusement avec le camion, on a tous à boire, à manger, tente etc....

Quelques bouteilles de vin et de bière nous aideront à trouver le sommeil.

Pour manger, au menu du soir : saucisses Zwan, cacahuètes, Snickers.

5h 30 du matin je me réveille la gorge sèche et le souffle court. J'ai l'impression que quelque chose dans ma gorge me bouche l'entrée du tube respiratoire. Je m'assieds sur une chaise et commence à boire du coca en pensant que cela va passer. Je finis par m'endormir, assis sur ma chaise. Au réveil, toujours ce même problème pour respirer et le fait de savoir que l'on est perdu au milieu du désert près de la frontière du Sahara occidental, qui est en guerre avec tous ses pays voisins, n'aide pas à me calmer. Chaque fois que je parle, le bouchon dans la gorge remonte et bouche mon tube respiratoire. Du coup, je vous jure que je n’ai quasiment plus parlé pendant 24 heures, je n’ai rien mangé et seulement bu de l'eau. Le stress se lit sur le visage de mes amis et j'en suis désolé. Il est hors de question que j'aille voir un docteur dans un pays de sauvages comme la Mauritanie. Je n'ose pas imaginer à qui j'aurais affaire. On replie tout, puis on repart, je suis de retour dans le camion et après quelques km reparcourus, je me rends compte que je n'ai pas vraiment le bon cap et que je ne retrouve pas le road book. Alors, je dis stop je veux tracer sur mes cartes préparées avant mon départ les coordonnées gps de notre position.

!!! Nous sommes ni plus ni moins 38 km écartés de la N1, la N1 ayant un cap approximatif de 180 je pars à 90 à travers tout pour 38 km de hors piste, donc de gros risques avec mes problèmes respiratoires plus le stress, je suis un peu nerveux.

A un moment donné, Steve sur son quad tombe en panne d'essence et Yves mets 2.5 km à se rendre compte qu'il vient de perdre son fils dans le désert. Un petit vent de panique s'installe dans le camion, Yves croit voir son fils sur chaque dune et repart en arrière. A vue, je lui dis immédiatement de reprendre sa trace pour ne pas s'égarer de notre première trace, ce qu'il ne fait pas vraiment. De plus au même moment, allez savoir ce que le Japonais se met dans la tête, il décide de partir à 90 degrés de l'itinéraire idéal. Yves part à vue et on cherche Steve. Heureusement vite, ça se calme car Steve nous voyant revenir a allumé une fusée de détresse qui nous permet de le localiser. Le Japonais presque perdu de vue reprend ses esprits et revient vers le camion.

Ouf !!!! On vient une première fois de frôler la catastrophe. Comme le quad consomme beaucoup d'essence, que l'on a encore beaucoup de km à faire et que de toute façon il va falloir à un moment donné le faire, on décide de démonter le quad pour le mettre dans le camion, on le charge par l'arrière au treuil et après 2 heures de travail, on est prêt a repartir toujours à la recherche de la bonne route, un contrôle de notre point gps tous les 10 km nous permet de nous rendre compte que l'on va bientôt croiser cette p.... De N1 qui n'est rien d'autre qu'une piste de sable de m..... sur laquelle on se traîne lamentablement.

On croise une jeep de la police militaire qui nous arrête immédiatement.

Il nous dit qu'il nous a déjà vu hier et qu'il ne comprend pas pourquoi on reste dans ce coin aussi dangereux de Mauritanie, il nous intime l'ordre de quitter les lieux au plus vite et de ne surtout pas s'arrêter pour autre chose qu’un véhicule de la police militaire sous peine de se faire mettre en morceaux. 2 minutes plus tard, arrivent 4 jeeps de « guerrieros » armés jusqu’aux dents équipés de mitraillettes armées sur la jeep, on se croirait dans un film de guerre mais par contre, c'est la réalité que l'ont vit en direct.

Il nous explique que nous devons à tout prix quitter le désert mauritanien au plus vite, ce que nous faisons immédiatement, une fois son départ, mais une idée me trotte dans la tête : Où sont les 4 jeeps de « guerierros » armés jusqu’aux dents, cachés derrière une dune en attendant le départ du douanier ou partis voir après un autre Européen civilisé bon à plumer. L’heure qui suit est stressante surtout qu’à cause de Paul, le Belge que l'on a récupéré au commissariat et qui est dans notre cabine de camion prévue pour 3, nous sommes à 4. Il n'est donc pas dans un siège baquet et encore moins sanglé avec un harnais et donc, à chaque grosse bosse ; il saute dans tous les sens dans la cabine et finit par accrocher l'interrupteur nous permettant de passer d'un réservoir de mazout à l'autre, il y en a 4 et le 4 c'est pour le 4 et manque de pot, l'interrupteur s’est mis sur 4. Nous tombons donc en panne de mazout et le camion s'immobilise.

La panne est très vite trouvée, il suffit simplement manuellement de réamorcer la pompe à mazout, il n'y aurait aucun stress si nous n'avions pas croisé ces 4 jeeps mais dans ce cas-ci je peux vous dire que la pompe a été réamorcée à la vitesse grand V pour nous permettre de repartir immédiatement.

La nuit commence à tomber lorsque la N1 doit changer du cap moyen 180 au cap moyen 230. Au passage d'une barre rocheuse, nous constatons ce changement mais voilà 2,3 kilomètres plus loin, je constate que le cap est plutôt vers 190 que 230. J'attends encore 4 km et constate que la piste redevient très difficile et ne me semble pas bonne. Il faut s'imaginer que 4 km représentent 2 mm sur une carte soit l'équivalent de l'épaisseur de la route dessinée sur ma carte, il est donc difficile de se rendre compte que l'on se trompe avant d'avoir parcouru plusieurs km.

Malgré tout, je suis persuadé que l'on est de nouveau pas sur la bonne route. Stop, contrôle précis et de fait, on est encore planté, on a réussi à rater la piste cap 230 derrière la barre rocheuse. Demi-tour, la nuit est tombée presque complètement, ça va chier pour trouver cette p... de piste.

A un moment, on passe la piste sans se rendre compte que l'on est dessus.

Au dernier moment, heureusement un de nous la voit.

Ouf, maintenant direction Zoueratte.

Il reste, je pense, 120 km et, une fois la nuit tombée, nous allons perdre la N1 au minimum 10 ou 20 fois à chaque fois, est-elle à droite ou à gauche et de combien de mètres, sans compter qu’à chaque fois notre stress est que cet imbécile de Japonais une fois sur deux ne voit pas que l'on change de direction et à chaque fois, on croit le perdre. Vous imaginez que dans ces conditions, on ne parle plus de moyenne horaire mais on se dit simplement que l'on avance vers le retour à la civilisation, sans plus faire de planning.

Arrivés aux abords de Zoueratte, on devine quelques petites lumières. A un moment, on croit même voir la route car on devine quelque chose de parfaitement plat et légèrement brillant.

Ouf et puis non!!!!! Putain, c'est un lac !

Avouez que c'est la dernière chose sur laquelle on croit tomber en plein désert. On plante sur les freins pour s'arrêter juste au bord, à moins de 5 mètres. Mais notre kamikaze, si vous voyez celui dont je parle, nous fait un plongeon et se rafraîchit les idées.

Je vous jure qu’on en a tous plein le cul de traîner ce taré derrière nous.

On le ramasse, on l'engueule dans toutes les langues en espérant qu 'il comprenne enfin qu'il est vraiment en train de jouer avec sa vie.

En bien non cet imbécile remonte sur sa moto et démarre sans prévenir pour faire le tour du lac, là où nous ne saurions pas passer avec le camion. Il disparaît et on se dit que malheureusement on ne peut plus rien pour lui et on part en direction de l'aéroport demander un hôtel. Le militaire nous explique et, miracle, au moment où on démarre, le kamikaze arrive. « Re-engueulade ». C'est pas possible, c'est que toutes ses gamelles ont fini par lui faire un traumatisme.

En tous les cas, le voilà devant le camion sur un semblant de route, le camion est 2 roues dans la terre, 2 roues sur la 'route'. Quand tout à coup, la route disparaît sur 2 mètres de long et 1 de profondeur. Le kamikaze n’a rien vu et se prend le râteau de sa vie, la moto et lui partent dans une série de soleil absolument effrayante.

Que va t'il en rester, il ne bouge plus !!! Que va-t-on faire ? On ose à peine imaginer le pire. Après quelques minutes, il parle et bouge tous ses membres. Nouvelle grosse frayeur, on le met dans le camion, son mécano prend le reste de moto… Allons-nous enfin arriver à l'hôtel ? Sera-t-il ouvert et allons-nous avoir à manger, il est quand même minuit ?

Ouf il y a un hôtel, une bonne douche et hop dodo, mais malheureusement ma cacahuète est toujours là et quand je me couche, j'ai l'impression d'étouffer, je décide donc de dormir sur une chaise en mettant ma tête sur la table .(Ce sera comme ça pendant 3 nuits)

Le matin, il faut faire le plein du camion et de la moto à la pompe. Surprise, on arrive sur 2 autres camions et une moto. Un camion Mitsubishi/usine me raconte qu’il a déjanté 2 jantes en haut d'une barre rocheuse. Du coup, il leur a fallu 20 heures de pelletage pour se libérer et donc ils sont hors course.

Incroyable ce qui nous arrive, on voit arriver, en courant, un Belge vers nous, il était dans un autre camion d'assistance belge. Il est tombé en panne et n'avait pas les pièces nécessaires pour réparer quand une jeep militaire lui propose de les conduire à Zoueratte et de le ramener après avoir monnayé 500 euros.

Le trajet, « allez-recherche des pièces-retour » va durer 12 heures et à son retour, horreur, malédiction, il n'y a pas de mots, le camion s’est barré, ils ne l'ont pas attendu. Il est abandonné au milieu du désert, il n'a pas l'argent pour payer les Africains qui la trouvent très mauvaise. Il lui reste 438 euros qu'il donne aux militaires, qui l'acceptent du bout des lèvres. Mais du coup, il ne peut ni manger ni dormir à l'hôtel puisqu'il n'a plus d'argent. Il décide alors de dormir au cachot de la prison, sans savoir comment ensuite il va faire pour quitter Zoueratte où il se rend vite compte que 4 personnes font régner la terreur sur la ville : le gendarme, le propriétaire de l'hôtel, de la pompe à essence et le loueur de voitures ( il a vu des noirs se faire battre à coups de fils électriques).

Lorsqu’il voit notre camion passer dans la rue, vous imaginez sa joie et son espoir de sortir de ce cauchemar. Chance pour lui, on s'arrête à la pompe, qui est à 200 mètres du poste de gendarmerie.

On signe une décharge comme de quoi on prend en charge Mr Paul Wouters.

Nous voilà maintenant 5 dans un camion 3 places + la moto qui nous suit. Le camion commence à vraiment ressembler au nom qu'il porte ! ( Le Saint-Bernard du Dakar)

Le pilote japonais blessé, qui c'est pris le râteau hier soir, va être installé dans les bagages derrière. On lui installe une couchette la plus confortable possible et Paul vient devant avec nous.

Nous voila enfin partis de Zoueratte. Il reste 250 km de piste pour Attar, puis 4590 km de route pour rejoindre (la cité balnéaire ) Nouackchott.

Les premiers 100 km de piste, rappelez-vous c'est la N1, ce n'est ni plus ni moins que la ligne de chemin de fer sur laquelle on roule. J'ai bien dit « dessus » car à côté, c'est du sable mou, dans lequel nous ne ferions pas 10 mètres. Je vous jure que mes yeux fatigués sont très grands ouverts à la recherche d'un train éventuel, les autres semblent moins préoccupés par ce problème que moi lorsque je réveille tout le monde.

Un train droit devant !!! Yves répond : « Non, c'est un autre camion qui va dans le même sens, je répète que c'est un train et à ce moment, le gros phare central du train se met à clignoter.

Vite, il faut se garer entre le sable mou et le rail du chemin de fer, j'espère que le Japonais derrière a vu le train autrement, on va faire une ligne jaune. Le train faisait bonnement 2 km de long, je vous jure que dans le camion, il y a un silence de plomb. Une fois la poussière soulevée par le train retombée, on cherche après le Japonais qui réapparaît au bout de 2-3 longues minutes. Ouf, il est vivant !

Après cela, il y aura encore quelques petites histoires avant d'enfin arriver à Attar, oùu on en est maintenant, sûr on va retrouver la route.

On va tomber sur le camion de Derooy qui a abandonné car il ne reste plus que 5 cylindres en fonction sur son DAF d'usine. On va aussi voir le buggy de Laurent Bourgnion qui a grillé son embrayage dans la spéciale suivante Attar tidjika.

Arrivés à Nouackchott à 1 h 30 du matin, on trouve directement un hôtel, un resto et dodo à 3h 30 du matin pour se lever à 7h car Steve et Yves ont décidé de continuer pour Bobodioulasso 2600 km en 48 h. Je trouve personnellement que, compte tenu de ce que l'on vient de vivre ces dernières 72 heures, cela suffit et je décide de reprendre l'avion pour l'Europe.

Mais voilà à Nouackchot, pour réussir à reprendre le vol Air France, si tu dois acheter le bien sur place, c'est mission impossible car le bureau Air France est inaccessible et les noirs ne te vendent que des billets Air Mauritanie sur lesquels ils ont un backchich. J'ai donc dû, contraint et forcé, prendre un billet Air Mauritanie pour Nouackchot Dakar et pour réussir à avoir un billet retour, j'ai téléphoné à mon agence de voyage en Belgique qui m’a fait une confirmation mail avec copie pour moi. Ainsi, j'étais sûr d'avoir mon vol de retour pour la civilisation.

La dernière frayeur vient du douanier de l'aéroport qui me dit que mon passeport n'a pas de visa d'entrée en Mauritanie, cela veut dire à leurs yeux que je suis rentré en fraude dans leur pays après discussion et backchich une fois de plus, tout s'arrange et je peux enfin décoller.

Voila c'est fini ! Je suis revenu dans mon lit avec ma femme que je remercie au passage car c'est elle qui s'occupait de vous faire tout parvenir, des nouvelles du Saint Bernard du Dakar, alors qu’elle était seule à la maison avec les deux enfants et avec le stress lorsque 2 jours durant elle est restée sans nouvelle.

Les photos que je vous faisais parvenir étaient très petites car par infrarouge, avec mon gsm et mon Ipack Compaq, c'était impossible de faire mieux, mais pour ceux que cela intéresse, j'ai 200 photos digitales que je peux envoyer à qui voudra. Vous pouvez en faire la demande directement à eric.lejeune@distriflac.be

Cette histoire n'est que la réalité d'une histoire vécue, ce n'était ni un film, ni un cauchemar, même si à certains moments, je me suis demandé si j'en faisais un.

Mais comme tout se termine bien, ce sera un fabuleux souvenir dont tous ceux qui l’ont vécu avec moi se souviendront toute leur vie.

Je tiens à remercier mes sponsors qui sont, dans ma vie professionnelle, mes fournisseurs. Ils m’ont permis de vivre cette aventure. Je remercie également mon épouse qui m’a laissé partir et enfin je remercie tous mes compagnons de voyage et en particulier la famille Vandenbergh, Yves et Steve sans qui, peut-être, je n’aurais jamais réalisé mon rêve … Faire le Dakar

Merci à tous et à bientôt

Eric

Terug

HISTORY OVERVIEW

  • Parijs - Dakar 2003
  • Parijs - Dakar 2004
  • Parijs - Dakar 2005
  • Parijs - Dakar 2006
  • Parijs - Dakar 2007

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